INTERDIT !

Publié le 27 Janvier 2014

INTERDIT !

Passant, cette matinée du lundi 27 janvier 2014, devant la Grand Halle (de la Villette), mon regard est attiré par des lumières hors de proportion… Ah, ce sont des projecteurs, pour un tournage installé là. Rien qui puisse arrêter longtemps…

Mais, à l’écart de l’action, au moment de la laisser derrière moi, je vois, posé, un écran de toile, blanc (un réflecteur ?), dont l’incongruité (légère), dans ces coulisses à ciel ouvert, me retient (un peu).

J’en avais déjà fini, en prenant deux ou trois vues de cet objet dans son environnement, quand je vois venir, vers moi, un vigile. Celui-ci, ayant franchi la barrière (qui délimite l’emprise du tournage, et au-delà de laquelle je n’avais même pas fais mine de passer), s’adresse à moi en me déclarant sans façon :

« Il est interdit de prendre des photos ! »…

J’ai à peine le temps de croire que ce sont des photos du tournage en cours (et en public), qui seraient interdites … Mais non : ce n’est que du bâtiment dont il est question !

Il serait donc interdit de photographier la Grand Halle de la Villette ?

Allons bon !

Je dois vite faire passer, dans mon regard, toute mon incompréhension de cet interdit, absurde, ici, évidemment. Le vigile comprend qu’il doit s’y reprendre – sur le fond, au moins :

« C’est interdit comme professionnel. »

Il m’est trop facile de lui faire remarquer que : « Professionnel ? ce n’est pas marqué sur mon front, que je sache. » ; et que, à la limite, il aurait pu m’aborder ainsi : « Bonjour Monsieur. Les photos que vous prenez sont-elles destinées à être commercialisées ? »…

J’entends, en réponse, quelque chose comme : « Si c’est sur internet, vous verrez bien… »

Je n’ai pas même le temps de sourire en y pensant, que, justement, moi, mais, tout ce que je veux, c’est de les y voir, mes photos, sur internet – que le vigile poursuit sa route vers un autre bâtiment, et sans plus insister. Son objectif premier, en venant vers moi, devait être plutôt de rejoindre un endroit bien chauffé, pour y prendre sa pause, et un café...

C'est que, ce 27 janvier, vers dix heures, dans ces espaces ouverts à tous les vents, il faisait plutôt froid.

(Et, en pensant à toutes ces procédure fomentées pour monnayer l’image de l’espace public, des bâtiments disposés à la vue de tout un chacun, dans des endroits par ailleurs souvent éminemment publics, il fait assez froid aussi…)

Rédigé par Patrick Guillot

Publié dans #Photographie

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